Téléchargement illégal (2) ... la suite

Publié le par Kino Frontera

Ca ne pouvait pas mieux tomber. Pour une fois que j'écoute les infos (sur la 2, faut pas déconner non plus) la question de la semaine, m'interpelle.
Doit-on augmenter la répression contre le téléchargement illégal (pas les termes exacts, mais c'est l'idée).
Du coup, je réalise que j'ai laissé en plan un bel article, sérieux et tout, sur le sujet dans lequel je vilipendait (ne pas confondre avec Villepin 2, qui est une forme anecdotique de gouvernement, au demeurant plus élégante que le Raffarin 2, le tout m'indifférant totalement) les maisons de disques pour commencer et qu'il faudrait que je continue.
Un petit résumé étant certainement nécessaire, et la technique progressant chaque jour, voici le lien vers la première partie:
Téléchargement illégal = sauvegarde de la création musicale

Donc, je disais que l'internet avait mis la musique à la portée de tous. Car, si internet s'est si bien développé c'est quand même très largement grâce aux possibilités offertes de téléchargement gratuit. En effet, on a trouvé plus vite des moyens d'offrir que des moyens de vendre.
Les opérateurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompé dans leur course folle au haut débit, dont l'intérêt essentiel est bien la rapidité de téléchargement. Passons sur l'hypocrisie qui consiste à vouloir vous vendre une voiture pour ses performances mais vous interdire de vous en servir ... Nous sommes habitués maintenant puisqu'il s'agit d'une pratique commerciale courante.
Passons aussi sur le fait que, par exemple, une société comme Sony fabrique à la fois des artistes (oui, je peux employer le terme "fabriquer"), des ordinateurs et des graveurs de CD ... creusant ainsi sa propre tombe:
- "Zut je vais arrêter de vous acheter des CD vierges et des ordis puisque ça vous fait perdre de l'argent sur vos ventes de disques!!"
- Mais pas du tout, cher client, n'en faites rien ..."
Je signale, quand même que nous payons une taxe sur les CD vierges, dans le but justement de compenser les pertes dues à la copie.
Je rappelle aussi, que cette même taxe existe sur les cassettes audios, sur les cassettes vidéos, et qu'à chaque évolution technique, on nous prédit la fin de l'industrie musicale. D'abord est-ce que la fin des "majors" serait la fin de l'industrie musicale ??
A mon sens non; ce serait plutôt une aubaine.

Mais je bavarde, je bavarde, et nous avons encore d'autres points à évoquer.
C'est sympa de voir les maisons de disques en défenseur des droits d'auteur. Faut dire aussi, que chaque sou perçu en droit d'auteur, c'est un sou de moins à verser en rémunération.
Il fut un temps d'ailleurs où les ventes de disques concernaient surtout les maisons de disques car les contrats des artistes ne leur octroyait qu'une faible rémunération sur les ventes. Et donc, s'ils voulaient bouffer, en dehors des droits d'auteur (qui sont versés une fois par an avec un long décalage), ils devaient faire leur métier, c'est à dire chanter sur scène.

Mais venons en aux droits d'auteurs proprement dits et donc à l'organisme qui les gère: la SACEM.
La SACEM  gère la totalité des droits d'auteurs, dans une opacité totale, en position de monopole et sans aucun contrôle étatique. Déja, là, ça fait quand même du bien de savoir ça. Et donc, nous avons ici de grands défenseurs de la morale et de la chanson française.
La SACEM accuse donc le téléchargement dit illégal de spolier les auteurs et les compositeurs (et aussi les éditeurs dont, d'ailleurs personne ne sait vraiment ce qu'ils font - à supposer qu'ils fassent quelque chose et que ce soit artistique, mais qui bouffent quand même dans le ratelier).
La SACEM est sensée à la fois récolter les droits pécuniers mais aussi protéger les droits disons immatériels des auteurs (je ne vais pas répéter compositeur chaque fois, sinon, ...).
Ce faisant, au passage, elle déleste les auterus de certains de leurs droits. Par exemple, en tant qu'auteur vous ne pouvez pas diffuser gratuitement une musique que vous avez composé sous prétexte que vous êtes enregistré à la SACEM... Bon, je vais passer sur ce genre de détails, mais ce n'est pas insignifiant.
Concentrons nous plutôt sur l'aspect matériel:
la SACEM a des frais de fonctionnement qui représentent environ 25% des sommes encaissées: pas négligeable la perte pour les artistes, non?
Quand on fait les comptes, on constate que: environ 1000 personnes recoivent de la SACEM, par an, une somme supérieure à 1500 €. La dedans il faut compter les morts (les droits d'auteurs continuent 50 ans après le décès de la personne).
J'ai bien dit 1500 € par an.
Donc si l'on garde uniquement les vivants, et des sommes correspondant à un revenu mensuel un petit millier d'euros (le SMIC), on s'aperçoit qu'il ne nous reste plus que 100 à 200 personnes.
Donc la SACEM permet à une grosse centaine d'artistes de recevoir un salaire mensuel. Mais vu le mode de collecte, il se trouve que ces personnes sont celles qui gagnent déja le plus d'argent sur les ventes de disques, les tournées, la pub, etc, etc ...
Et quelques dizaines qui reçoivent le pactole.
Donc, en gros, tout ce système et tous ses arguments pour donner de l'argent à ceux qui en ont.

Voila, si quelqu'un se sent de faire une synthèse, de corriger mes oublis, de développer certains points, je laisse volontiers le clavier.

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kajou 20/03/2009 00:07

On pourrait aussi parler de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques ...) mais bon n'entrons pas dans des détails bassement économiques ... pfff ... je me suis laissée dire (mais je n'ai pas vérifié mes sources) par une amie musicienne qu'il est de plus en plus difficile pour de se produire dans des lieux publics tels que des bars ou des restaus ... par exemple ... c'est lieux n'ayant pas vocation de "producteurs" ... par ailleurs, cette même amie ... pour tenter de vivre de la musique donne des cours ... et voit son statut modifié cette année (une sombre histoire de plafond horaire abaissé ... si on donne plus de X heures de cours ... on devient automatiquement salarié ... et on perd ses droits d'intemitent ...) ... Bref ... faut croire que la musique et l'art en général ne sont pas les "bienvenus" dans une société qui se veut élitiste (tout en réduisant les budgets pour l'école et la recherche) ... pitin de paradoxe ... on en perdrait son latin ... et son grec aussi ... on s'énerve on s'énerve ... mais y a pas de quoi finalement ... on en a un qui nous joue du violon depuis plus d'un an et y en a qui apprécie ... grrrr ... biz

Kino Frontera 20/03/2009 21:19


C'est vrai, j'ai limité à la SACEM, il y avait ausi la SDRM, mais en gros, tout mène à la même chose: on prend du fric, y compris à ceux à qui la diffusion de musique n'en rapporte pas, pour
donner, quelques soient les calculs, à ceux qui déja gagnent beaucoup. Les droits d'auteur n'aident pas ceux qui n'ont pas de succès et donc pas la création ... Par contre, et je le dis d'autant
plus volontiers que ce n'est pas souvent, il y a eu lors du débat à l'assemblée, un discours du PS qui était à la fois intelligent et pertinent sur le sujet (je ne dis pas cela parce que j'y ai
retrouvé certains thèmes que je propose), avec un vrai fond et une réflexion sur la société. Sinon, pour l'histoire des cours qui font sortir du statut intermittent, honnêtement, je ne suis pas
contre, car je vois le sujet d'assez près pour en connaitre bien des abus ... mais bon je vais essayer de garder mon latin, vu que je n'ai pas de grec ...